Menu
Libération

«Depuis le plan real, on mange bien et la vie est meilleure». Le président Cardoso a redressé l'économie brésilienne. Un «miracle» mal partagé.

Réservé aux abonnés

Publié le 11/03/1997 à 23h29

Rio envoyé spécial

Josépha Evangelista, 67 ans et plus une dent, s'oriente avec une souplesse de chatdans la venelle de Vidigal, saluant son voisinage. La favela (bidonville) est truffée, côté ciel, de grosses antennes satellitaires. Elles surplombent à l'ouest les plages d'Ipanema et Leblon; et, de la micro-terrasse du taudis de Josépha, on découvre le plus grandiose panorama urbain du monde, aux pieds du Christ du Corcovado.

La vieille contemple en souriant son royaume. Elle a échoué ici il y a vingt-trois ans, pour se soigner de quelques côtes cassées lors d'un accident de travail, dans la minoterie où elle trimait entre deux grossesses. Elle a eu dix enfants. Son ex-mari vit deux cahutes plus loin avec deux de leurs filles. Josépha héberge, dans son cube de parpaings, l'aîné de ses fils, un maçon de 37 ans, qui lui verse 100 reals (550 francs) par mois pour prix de son hospitalité. «Avant, c'était beaucoup plus difficile. Je ne mangeais jamais de viande. J'achetais le strict minimum, au jour le jour. Maintenant, j'arrive à acheter un peu plus de nourriture, je peux faire des réserves.»

L'inflation jugulée. «Avant», c'était avant le «plan Real» en 1994. Alors ministre de l'Economie, l'actuel président, Fernando Henrique Cardoso (FHC), remplaçait le cruzeiro, la monnaie nationale en perdition, par le real («royal»), qu'il plaçait à parité avec le dollar américain. En taillant dans les dépenses publiques et en ouvrant toutes grandes les portes de son économie aux investissemen

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique