Tokyo, de notre correspondante
Une explosion s'est produite hier dans l'usine de retraitement de déchets nucléaires de Tokai-mura, située dans la préfecture d'Ibaraki, à une centaine de kilomètres au nord de Tokyo. Le matin même, un incendie s'était déclenché au premier étage de l'usine et dix ouvriers avaient subi des radiations radioactives. Selon un porte-parole de PNC, l'organisme public responsable, les employés n'ont été soumis qu'à «une très faible» radiation. Le PNC a précisé que le niveau de radioactivité tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'installation était en légère augmentation, mais inférieur au seuil de sécurité. Aucune consigne d'évacuation n'a été donnée aux habitants.
Cet incident fait suite à l'arrêt d'urgence du surgénérateur de Monju en décembre 1995 consécutif à une fuite de sodium dans le circuit secondaire de refroidissement. Dans un premier temps, les autorités avaient tenté de minimiser la gravité de la fuite. A la suite de cet incident de fin 1995 et alors que le surgénérateur est toujours à l'arrêt, les mouvements antinucléaires se sont multipliés au Japon. Pour la première fois, un référendum local organisé au mois d'août 1996 à Maki, dans le nord de l'archipel, s'était soldé par un «non» massif à la construction d'une nouvelle centrale nucléaire. Le projet de brûler du combustible «Mox» (mélange contenant du plutonium issu du retraitement) dans des centrales classiques est également au point mort. L'opposition politique commence à devenir i




