Rio de Janeiro, envoyé spécial.
Fernando Henrique Cardoso, l'homme qui a accueilli mardi soir Jacques Chirac à Brasilia, première étape de sa tournée en Amérique du Sud, est un pied de nez vivant aux sceptiques qui contestent la vocation du politique à modifier une société régie par les seuls ressorts de l'économie et du marché. En deux ans de mandat, «FHC» comme le désigne la presse, ou «Henrique», comme l'appellent affectueusement nombre de ses compatriotes, a tordu le cou aux archaïsmes qui paralysaient son pays, rendant au Brésil son image de géant qui s'éveille, de super-puissance en devenir.
Itinéraire universitaire. «Notre tâche n'est pas de gouverner, mais de transformer», aime à répéter cet adepte du volontarisme. Notre réformateur prêchait naguère des options plus radicales: dans un essai publié en 1971, Développement et dépendance en Amérique latine, il citait abondamment Karl Marx pour dénoncer la «pénétration impérialiste» par le biais des multinationales. Ces démons, aujourd'hui exorcisés, se sont métamorphosés en partenaires ardemment espérés... FHC était à Paris en 1968 et s'est promené sur les barricades du quartier Latin en compagnie d'un de ses étudiants de Nanterre, un certain Cohn-Bendit. Il a vécu au total cinq ans dans l'Hexagone, où il a tour à tour passé une maîtrise de sociologie avec Alain Touraine, suivi les cours de Raymond Aron à la Sorbonne, enseigné à Nanterre, à l'Institut des Hautes études et au Collège de France. Cet itinéraire universitaire




