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A Goma, QG de la rébellion, la foule fête le «grand leader» Kabila. «Où allons-nous?» «A Kinshasa!»

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Publié le 19/03/1997 à 22h21

Goma, envoyée spéciale.

La ville s'est coupée en deux. Sur les trottoirs, la moitié de la population crie, chante, applaudit. Dans la rue, l'autre moitié défile au pas cadencé et pancartes à bout de bras. Soudain une pluie torrentielle dégringole, un porte-parole prend le micro à la tribune: «Rentrez chez vous!» Partout, on hurle: «Nous restons». «Maintenant qu'il va gagner la guerre, nous devons montrer au grand leader Kabila que nous le soutenons. Il pourrait nous en vouloir sans ça», dit une femme. Elle défile avec les «mamas», cette caste gouailleuse qui vend tout ou rien sur les trottoirs. Hier, Goma, QG de la rébellion dans l'est du Zaïre, fêtait la chute de Kisangani. Il aura fallu plus de quatre mois après le début de l'offensive de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) pour voir apparaître dans la province du Kivu les timides frémissements d'un enthousiasme populaire.

En effet, les soldats de l'Alliance avaient beau gagner toutes les batailles, ce sont des villes effarouchées et méfiantes qui continuaient à accueillir ceux qui se baptisaient «les libérateurs du Congo». En entrant dans le pays par l'est, notamment depuis le Rwanda voisin, les forces insurgées avaient pris les Zaïrois à rebrousse-révolution. La prise de Kisangani, au centre du pays, éloigne la crainte d'une sécession et apaise un peu l'appréhension devant ceux qu'on appelle toujours en ville les «Rwandais».

«Et maintenant, où voulez-vous que nous allions?», crie Lauren

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