Miami, correspondance
Les ex-guérilleros du Front Farabundo Marti de Libération Nationale (FMLN) ont conquis dimanche par les urnes une capitale qu'ils avaient échoué à investir par les armes huit ans plus tôt. Hector Silva, un ancien porte-parole du Front, a été élu maire de San Salvador, tandis que les candidats du FMLN faisaient jeu égal aux législatives avec le parti au pouvoir, l'Alliance républicaine nationaliste (Arena). Sur 70% des bulletins dépouillés hier, les deux formations obtenaient 28 députés chacune, pour 84 sièges à pourvoir. Le président Armando Calderon Sol devrait toutefois pouvoir constituer un gouvernement de coalition en s'alliant avec plusieurs petits partis conservateurs.
Le scrutin marque la véritable normalisation politique du pays avec un recentrage sensible des deux protagonistes d'une guerre civile longue de douze ans, qui a fait 76000 victimes avant la signature d'un traité de paix en janvier 1992. D'inspiration marxiste et révolutionnaire, le FMLN se proclame désormais social-démocrate, adepte d'une économie de marché tempérée, tandis que l'Arena, naguère d'extrême droite et associée aux escadrons de la mort, s'est convertie aux vertus de la démocratie libérale.
Les résultats constituent un signal encourageant pour toute la région dans la mesure où ils démontrent que les mouvements révolutionnaires disposent d'un espace politique légal. En effaçant la décevante défaite du FMLN lors de sa première tentative électorale en 1994 , ils peuvent renforc




