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Libération
Reportage

La fièvre est retombée au sud de l'Albanie. L'agitation calmée, les politiques tentent de reprendre les rênes du pays.

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Publié le 20/03/1997 à 22h58

Vlora, envoyé spécial.

L'incendie albanais s'est éteint comme il avait pris. Soudainement. Feu de paille d'autant plus bref qu'il fut intense. Dans les villes frondeuses, il ne reste du brasier que des cendres, des bâtiments officiels aux façades roussies, des carcasses de banques aux coffres éventrés, des squelettes de casernes, ravagées par les flammes, vidées de toutes leurs armes et, incrustés dans la chaussée, là où les émeutiers avaient dressé leurs barricades, les anneaux noirs des pneus brûlés. Hors des stigmates du coup de sang, l'Albanie a replongé dans l'apathie fataliste des pays trop pauvres, le calme plat à la limite de la morosité. Certes, la nuit venue, quelques rafales de balles traçantes illuminent le ciel. Signe de désoeuvrement plus que de révolte. La jacquerie a tourné court.

Chant du cygne. Sur les places des cités rebelles du Sud, les assemblées de citoyens s'effilochent. Les retraités interpellent les représentants autoproclamés du peuple: «Vous voulez le pouvoir, nous voulons notre argent.» L'ultimatum des comités de salut public, exigeant pour aujourd'hui la démission du président Sali Berisha, sonne comme un chant du cygne. Les pillards comptent leur maigre butin, rêvent d'exil sur des ports vides de bateau. La mafia s'est emparée des quais, rançonne les candidats à un hypothétique départ. Les commerçants montent la garde aux portes de leur boutique pour dissuader les jeunes rôdeurs. Les partis d'opposition sont déjà installés dans les fauteuils min

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