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La révolte étouffée des Ouïghours. A partir d'informations recueillies au Kazakhstan, retour sur les émeutes de février.

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Publié le 21/03/1997 à 22h56

Almaty envoyé spécial

Son visage se crispe au moindre bruit suspect. La casquette enfoncée au ras des sourcils, «Anayat» sursaute au milieu de la conversation, qui se déroule pourtant dans une maison «sûre» de la capitale kazakhe, lorsqu'un des hôtes ouvre la porte de manière un peu intempestive" Malgré la peur, il est d'accord pour livrer son témoignage, mais sans dévoiler son nom véritable, ni son âge. «Après ce que j'ai vu, je les sais capables de tout», dit ce commerçant ouïghour originaire de la région de Yining. Frontalière du Kazakhstan, la ville chinoise de Yining (Kuldja en ouïghour) a été début février le théâtre d'une émeute sanglante opposant les populations ouïghoure et han (Chinois de souche). Ces heurts interethniques, les plus graves depuis les années 60, paraissent de nature à affecter durablement les relations tendues entre les populations locales ouïghoures et les Chinois, pour la plupart des colons fraîchement débarqués des provinces de l'intérieur. Attentats. Yining (300 000 habitants), soumis depuis à un couvre-feu, est fermé aux observateurs étrangers. Tout journaliste s'y rendant risque l'arrestation et l'expulsion. Le gouvernement du Xinjiang a fait état de 10 morts et de 132 blessés. Un bilan très irréaliste aux dires de ce témoin direct rencontré par Libération. L'émeute antichinoise de Yining, qui a duré plusieurs jours, aurait fait initialement au moins une centaine de morts, voire bien davantage. Le nombre des victimes a ensuite grossi, de nomb

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