Kisangani envoyée spéciale.
On l'attendait samedi, ou dimanche peut-être. «Venez à l'aéroport tout de suite. Le libérateur arrive chez nous», a annoncé la radio locale vendredi vers 9 heures. C'est ainsi que commença le jour où Laurent-Désiré Kabila vint à Kisangani, ville passée sous le contrôle des troupes insurgées de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), à peine une semaine plus tôt. La date tombait précisément sur celle choisie par le maréchal Mobutu pour son retour au Zaïre après son hospitalisation en France. «Vous croyez au hasard en politique?», demande un des conseillers de Kabila en rigolant. Toute la journée dans Kisangani, juste passée de l'un à l'autre, l'attente des deux hommes se suit, mot à mot, slogan par slogan, heure par heure.
A l'aéroport de Kisangani, arrive déjà l'élite locale qui se distingue par la procession des rares voitures de la ville encore en état de marche: notables, chefs traditionnels en cravate sous une peau de léopard, diamantaires ou dirigeants des partis. «Le peuple attend son sauveur», explique un responsable fédérale de l'UDPS, principale formation d'opposition contre le maréchal Mobutu et dont les activités sont actuellement suspendues sur les territoires conquis par l'Alliance. Il précise que le sauveur est Kabila et non Etienne Tshisekedi, le leader de son propre parti. «Mais l'un ou l'autre, c'est pareil. Nous sommes aussi contents»...
Soldats cachés. Tout autour de la piste, la foule grossit. «Il




