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Libération

Les rebelles zaïrois sans concessions. A Lomé, les deux émissaires de Kabila n'entendent rien céder à Mobutu.

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Publié le 26/03/1997 à 22h41

Kisangani envoyée spéciale

Pour rire, on les a baptisés les jumeaux, et ils n'ont jamais aussi bien porté leur surnom que lundi, vers 13 heures, sur la piste de l'aéroport de Kisangani. Légèrement en tête s'avance Bizima Karaha, le grand, maigre, anglophone, comme d'habitude en costume. Derrière, étendant la jambe, Gaëtan Kakudji, petit, rond, francophone et toujours en chemise. La scène, pourtant, est d'importance. En envoyant son tandem de commissaires généraux chargés des relations extérieurs au sommet de Lomé, l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo a fléchi sa politique du «non». Il se retrouvera dans la même salle que la délégation envoyée par le maréchal Mobutu, avec laquelle le processus de paix est actuellement au point mort. Jusqu'à présent, Laurent-Désiré Kabila, leader politique des insurgés, se raillait volontiers des sommets sur le conflit zaïrois, et plus volontiers encore de l'ambassadeur Mohamed Sahnoun, régulièrement dépêché par l'OUA et l'ONU. «Tout ça, c'est de la politique à l'ancienne», disait Kabila, la semaine dernière encore. «Nous faisons beaucoup de politique de couloir», expliquait de son côté, Gaëtan Kakudji. Mais la chute de Kisangani, ville militairement stratégique, a modifié la situation. L'Alliance a été conviée dans les règles à la rencontre de Lomé, ce qui n'était pas le cas pour les précédentes, officiellement en tout cas. En plus, l'invitation vient du président togolais, proche de la France, à laquelle les rebell

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