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Les Haïtiens désenchantés. Les élections,dimanche, devraient être massivement boycottées.

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Publié le 05/04/1997 à 1h26

Miami, correspondance

Trente mois après l'intervention américaine qui a renversé le régime militaire du général Cédras et restauré à la tête du pays le président Aristide, Haïti s'enfonce dans le marasme, et la fragile démocratie caraïbe est menacée par une anarchie rampante. On mesurera ce dimanche le désenchantement populaire au taux de participation à des élections pour le renouvellement du Sénat et la désignation des assemblées territoriales. 10% maximum, espèrent les plus optimistes. Les autres pronostiquent une abstention quasi générale. Le nouveau président René Préval, qui a pris ses fonctions le 7 février 1996, admet volontiers la modestie de ces prévisions, ajoutant: «Je ne vois pas comment même un magicien pourrait trouver une solution rapide aux problèmes de ce pays.» Le plus criant de ces problèmes est sans conteste l'appauvrissement de l'ensemble de la population. L'embargo international décrété pour chasser les militaires n'a servi qu'à détruire les derniers lambeaux d'une économie pillée par les putschistes. On ne compte plus que 80 000 emplois salariés dans tout le pays pour 7 millions d'habitants, en attendant que les indispensables réformes taillent de nouvelles coupes claires dans les effectifs budgétivores de la fonction publique. Les classes moyennes ont basculé dans la pauvreté, les pauvres dans la misère, avec un revenu annuel par tête estimé par René Préval à moins de 600F. Le pouvoir d'achat a été divisé par cinq en quinze ans. Et la démographie cou

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