Genève, envoyé spécial
Le diplomate nord-européen prend un air exaspéré: «Si la France n'avait pas fait son numéro, l'Union européenne se serait mise d'accord depuis longtemps pour proposer une résolution» condamnant les violations des droits de l'homme en Chine. Assis à l'une des tables de la cafétéria qui jouxte la salle 17, où siège la Commission des droits de l'homme (1), le regard posé sur la verrière panoramique du bâtiment onusien qui embrasse le lac de Genève et les sommets alpins, le diplomate qui ne mâche pas ses mots à condition de rester anonyme juge «surprenante» la décision de Paris, annoncée le 28 mars, de ne plus s'associer à une résolution des Quinze condamnant les violations des droits de l'homme en Chine. L'UE avait jusqu'alors présenté chaque année depuis la répression de Tian Anmen, en 1989, un texte épinglant le régime chinois, en termes d'ailleurs très mesurés. «Le gouvernement français, poursuit le diplomate, ne nous a même pas donné d'explication satisfaisante sur ce geste, qui n'est pas sans conséquences.» Obstacle principal. Pour Béatrice Laroche, représentant à Genève la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), «cela démontre qu'il ne peut plus y avoir de politique européenne commune dans le domaine des droits fondamentaux, et c'est la France qui en est responsable». Xiao Qiang, représentant de Human Rights in China, une ONG américaine, estime pour sa part que «la France est devenue l'obstacle principal à la condamnation devant




