Prague de notre correspondant
La Slovaquie a rappelé pour consultations son ambassadeur en poste à Prague, Ivan Mjartan, à l'occasion du plus sérieux incident diplomatique entre les deux Etats depuis le «divorce de velours» (1er janvier 1993). Le chef du gouvernement slovaque, Vladimir Meciar, très susceptible, se dit offensé par les propos tenus par le président tchèque Vaclav Havel dans un récent entretien avec la presse française.
Questionné sur le sort de la Slovaquie, tenue à l'écart du processus d'élargissement de l'Otan à l'Est, Havel a répondu qu'il fallait «faire comprendre clairement [aux pays candidats] que personne n'est discriminé, contrairement à ce que pense monsieur Meciar avec la paranoïa qui lui est propre». Cette petite phrase maladroite a donné un prétexte inattendu aux dirigeants de Bratislava pour rallumer la mèche de la parfaite discorde tchéco-slovaque.
La dispute est d'autant plus aberrante que les relations entre les deux Etats ne sont pas foncièrement mauvaises: une visite officielle de Vladimir Meciar à Prague, la première depuis trois ans, était même prévue fin avril. Elle a été repoussée sine die. En fait, il semble que Bratislava a saisi cette occasion de jeter un froid entre les deux capitales afin de se venger avant l'humiliation, prévue en juillet prochain, quand la République tchèque, la Hongrie et la Pologne seront invitées à adhérer à l'Otan, mais pas la Slovaquie. Lundi déjà, les autorités slovaques avaient publié une déclaration rappelant




