Sam Rainsy, ex-ministre des Finances du Cambodge et président
fondateur du Parti de la nation khmère (PNK, libéral), a été blessé à Phnom Penh le 30 mars dans un attentat devant l'Assemblée nationale, alors qu'il marchait en tête d'un cortège de manifestants. Quatre grenades ont été lancées dans la foule, faisant 19 morts et une centaine de blessés. Sam Rainsy, qui représente l'opposition démocratique, a reçu un éclat dans la jambe, sans gravité. Mais son garde du corps, qui s'est couché sur lui, a été tué. A un an des élections générales, le Cambodge est en proie à une tension politique qui se traduit par le retour d'un climat de violence sans précédent depuis la mise en oeuvre des accords de paix de Paris (1991). Le gouvernement est dirigé par une coalition bancale incarnée par deux «co-premiers ministres», Norodom Ranarridh, qui dirige le Funcinpec (parti royaliste), et Hun Sen. Ce dernier, que Sam Rainsy accuse d'être l'instigateur de l'attentat, détient la réalité du pouvoir au travers de l'appareil du Parti du peuple cambodgien (PPC, ex-communiste). Sam Rainsy compare son pays à un «homme malade. Si rien n'est fait, le Cambodge s'achemine à une échéance rapprochée vers le chaos, la guerre civile et la désintégration».
Quel était l'objet de la manifestation du 30 mars?
Elle était autorisée officiellement. Notre parti protestait contre le manque d'indépendance du pouvoir judiciaire, qui est inféodé au PPC dirigé par Hun Sen. Nous demandions également l'instauration d'un Con




