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Ouïghours: les empires contre-attaquent. Les régimes chinois et kazakh se rapprochent aux dépens des séparatistes du Xinjiang.

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Publié le 25/04/1997 à 0h24

Almaty,envoyé spécial

Barakholka, dans la banlieue de la capitale kazakhe, est le marché le plus bouillonnant de toute l'Asie centrale. Dans ce caravansérail poussiéreux, vaste dédale de centaines de conteneurs bruns agencés en boutiques où l'on parle l'ouzbek, le kazakh, le kirghiz, le ouïghour, le turc, le russe, le chinois et parfois même le coréen et l'allemand, s'opère le gigantesque chassé-croisé entre les cargaisons provenant des anciennes Républiques soviétiques et d'intarissables cascades de produits chinois débordants de camions aux ridelles fatiguées. Le fret chinois est le plus souvent négocié par des Ouïghours, musulmans turcophones de la «région autonome ouïghoure du Xinjiang», en Chine. Au loin, le ruban de bitume cahotant qui mène au poste frontière d'Orgos, au pied des majestueuses Tianshan (8 000 m), est raviné par le passage des nouvelles hordes commerçantes. Profitant de la chute de l'Empire soviétique, en 1991, l'antique «route de la soie» a repris du service. Elle a désenclavé l'immense Xinjiang et réveillé accessoirement l'irrédentisme de ses 8 à 12 millions de Ouïghours (1), que Pékin entend mater. Un premier accord frontalier signé le 26 avril 1996 (complété hier, lire ci-contre) entre la Chine, la Russie et trois républiques d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan), vise entre autres à contenir la rébellion ouïghoure, pour qui les pays voisins sont de possibles sanctuaires. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Qian Qichen, avai

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