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«Avec mobutu, le zaire est devenu un bidonville». Kinshasa dénonce le dictateur et craint l'arrivée du chef rebelle.

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Publié le 02/05/1997 à 3h33

Kinshasa envoyé spécial

Au rond-point Batétéla, Fabiola bavarde avec sa copine Adèle à la fraîcheur d'un bougainvillier en fleurs, assorties à sa robe rouge. La première dit, désignant du doigt le boulevard verdoyant: «Autrefois il ne bruissait que du tintamarre joyeux des embouteillages. Maintenant, vous n'entendez que d'effroyables rumeurs et de tristes doléances...» Pas le temps de les expliciter car une voiture s'arrête. Quatre hommes à bord la dévisagent longuement, ainsi que le Blanc qui lui parle, avant de repartir. «Ce sont nos militaires en civil. Les derniers à se battre, les premiers à marauder», dit-elle, s'en allant, avec sa copine, sa chaise sous le bras.

Le boulevard du 30-Juin débute à ce rond-point, entre l'hôtel Africa, connu des routards, peuplé de réfugiés du Kasaï, et une résidence d'expatriés belges ­ en armes depuis les premiers troubles de Goma ­ protégée par des murs de forteresse depuis les pillages de 1991. La chaussée à quatre voies traverse sur six kilomètres le centre d'une ville longue de soixante kilomètres. Il borde les bâtiments bleu et blanc de l'Utexafrica, l'une des rares usines (de pagnes) qui, avec les brasseries, travaille encore, tant que parviendront coton et houblon. Près des grilles, des ouvriers se reposent dans l'herbe. Firmin engage la conversation: «Les gens ne parlent que de ça sur le boulevard, et ils deviennent jusqu'au-boutistes. Aujourd'hui, que tu besognes ou pas, tu ne gagnes pas le pain de ta famille. Les gens sont très

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