Alors que leur situation alimentaire donne des signes d'aggravation
(Libération du 30 avril), les 24 millions de Nord-Coréens devront attendre sans doute longtemps encore l'arrivée d'une aide substantielle. Les premiers entretiens depuis cinq ans entre les Croix-Rouge des deux Corées, entamés samedi à Pékin, ont en effet été interrompus sine die hier. Ces pourparlers concernaient l'acheminement urgente d'une aide alimentaire privée à la Corée du Nord. «Il y a eu un certain accord, mais les deux parties vont se rencontrer à nouveau pour parvenir à un accord final bien qu'elles n'aient pas fixé une date», a affirmé un participant.
La Croix-Rouge sud-coréenne, qui dispose de l'équivalent de 3,8 millions de dollars (21 millions de francs) de donations destinées à l'achat d'aide alimentaire pour le Nord, cherche à persuader Pyongyang d'accepter un acheminement de l'aide par voie terrestre. Ce mode de transport, moins coûteux et plus rapide que la voie maritime, préférée par le régime communiste, devrait passer par la zone démilitarisée (DMZ) qui sépare les deux pays depuis la fin de la guerre de Corée (1950-53). Pyongyang, pour sa part, insiste pour que la Croix-Rouge du Sud promette la livraison d'un montant important de céréales avant de décider quoi que ce soit d'autre.
La production agricole en Corée du Nord a été gravement compromise ces dernières années par des inondations, qui ont précipité l'échec des méthodes agricoles collectivistes en vigueur dans la Corée communiste. La




