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Libération

Bolivie: l'inquiétude après l'espoir pour Alain Mesili Depuis deux ans, l'alpiniste français attend toujours d'être libéré.

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Publié le 08/05/1997 à 3h10

La Paz, correspondance

A 35 kilomètres de La Paz, à plus de 4000 mètres, dans le silence et les froidures de l'Altiplano, l'andiniste français Alain Mesili, accusé d'avoir aidé, en 1990, des membres d'un groupe d'extrême gauche, attend toujours la conclusion de son procès après plus de deux ans de détention. Ses espoirs de libération rapide, suscités par la visite de Jacques Chirac en Bolivie, en mars dernier, sont vite retombés.

Il faut franchir les deux murs d'enceinte de la prison de haute sécurité de Chonchocoro avant de rencontrer Alain Mesili. Jean et débardeur noir, allure juvénile pour ses 47 ans, son aspect physique ne reflète pas les inquiétudes qu'il confie aussitôt: «Le 12 mars, juste avant l'arrivée de Jacques Chirac, j'ai été déclaré absuelto (innocent) par le procureur pour manque de preuves, mais ça ne veut pas dire que c'est terminé pour moi. Le juge chargé du dossier peut très bien me donner quinze ans», dit-il, assis sur un des deux lits de la cellule qu'il occupe avec un Péruvien, membre du mouvement d'extrême gauche Tupac Amaru.

Charges trop lourdes. Il existe, en effet, dans le système judiciaire bolivien de tels précédents de contradiction totale entre l'avis du procureur et la sentence du juge. «De toute façon, d'après la loi, je devrais être aujourd'hui en liberté provisoire, comme tout prisonnier non jugé au terme de deux ans d'incarcération», précise Alain Mesili. Une Mexicaine d'un groupe d'extrême gauche a récemment obtenu son habeas corpus après c

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