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Le dernier combat des guérilleros. Au Guatemala, en paix depuis décembre, ils réapprennent à vivre hors du maquis.

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Publié le 09/05/1997 à 3h09

Tululche envoyé spécial

Le commandant Randal classe ses hommes en trois catégories: «Il y a ceux qui ont un endroit où aller, ceux qui savent où ils veulent aller et ceux qui n'ont ni toit ni projet.» Les premiers sont 174. Mi- avril, ils ont abandonné leur vieil uniforme vert olive, enfilé des vêtements civils et, à l'issue d'une brève cérémonie, étreint une dernière fois leurs compagnons de maquis avant de monter dans des autobus des Nations-Unies. Direction Chichicastenango, chef-lieu du département (voir carte), puis la capitale, Guatemala. Les autres les ont imité en deux fournées jusqu'à ce que le camp de Tululche soit vide: la guerre est bel et bien finie pour les 543 guérilleros qui y auront transité.

Les accords de paix signés le 29 décembre (1) entre le gouvernement et l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (URNG) ont mis un terme à une guerre civile de trente-six ans qui se solde par 100 000 morts et 40 000 disparus, un million de déplacés, des dizaines de milliers de réfugiés et 200 000 orphelins. Propagande armée. Pour les 2 959 guérilleros recensés dans les huit «centres de vérification» supervisés par les bérets bleus de l'ONU ­ comme Tululche ­ a sonné l'heure de la dernière lutte, celle de la réinsertion. Pas d'états d'âme pour le commandant Randal: «Je vais faire de la politique pour continuer le combat par d'autres moyens.» Le sourire carnassier dans un visage placide, fausses Ray Ban sur le nez mais vrai colt à la ceinture, ce métis de 46 ans, ra

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