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Tokyo reconnaît sa minorité aïnou. La justice a admis son caractère de peuple indigène du Japon.

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Publié le 09/05/1997 à 3h10

Tokyo de notre correspondante

Le Japon n'est plus une nation «monoethnique», comme le proclamait il y a quelques années encore l'ex-Premier ministre Yasuhiro Nakasone. Pour la première fois, il y a un mois, la justice a reconnu aux Aïnous le caractère de peuple indigène du Japon. Et hier, le Parlement a voté la première loi reconnaissant l'existence d'une minorité ethnique dans l'archipel. Destinée à préserver la culture des Aïnous, elle remplace un texte presque centenaire, responsable en grande partie de la discrimination dont ces derniers sont victimes. On connaît les Indiens d'Amérique, les aborigènes d'Australie, on connaît moins cette minorité ethnique. Sans doute parce qu'ils sont peu nombreux: 24000 officiellement, concentrés en majorité à Hokkaido, dans le nord du Japon; «au moins trois fois plus», contestent les Aïnous, sachant que beaucoup ont fui l'île du nord pour les grandes métropoles afin de dissimuler leurs origines.

«Une nation, un peuple.» Jusqu'à une époque récente, les Japonais, persuadés d'être la seule nation homogène au monde, ignoraient la minorité aïnou, dont ils refusaient de reconnaître l'existence. Pour la même raison, la population fait preuve d'indifférence à l'égard de l'ethnie d'Okinawa et des Japonais nés de parents coréens ou chinois, ou même, de façon plus flagrante encore, des Burakumin, pourtant Japonais à part entière, mais qui continuent de subir les effets d'un système rigide de castes formalisé par les shoguns entre" le XVIIe et XIXe s

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