Kinshasa envoyé spécial
Ce week-end, deux épisodes se sont succédé l'un militaire, l'autre politique qui risquent d'accélérer l'entrée de Laurent-Désiré Kabila dans la capitale zaïroise. Ces deux événements illustrent la course de vitesse dans laquelle sont engagés tous les protagonistes, Zaïrois, Africains et Occidentaux, pour tenter d'estomper, sinon d'éteindre, les violences dévastatrices engendrées par une consécration militaire du chef rebelle. Sur le front politique, le HCR-PR, sorte de chambre parlementaire de transition bafouée pendant des lustres par le maréchal Mobutu, a connu une brève résurrection en désignant à sa présidence, samedi après-midi, l'archevêque de Kisangani, Mgr Laurent Monsengwo, qui sera amené à remplacer le président zaïrois en cas de retrait de ce dernier.
Mais, sur le terrain des combats, à l'aube de samedi, les troupes rebelles auraient considérablement redessiné la ligne de front, à l'est de la capitale, sur l'unique route de l'intérieur. Plusieurs témoignages, précis, de soldats zaïrois de retour en ville donnent ainsi corps aux proclamations répétées de Kabila dans sa «capitale provisoire» de Lubumbashi, malgré sa promesse aux Américains de laisser une chance à la diplomatie. Franchissant les ponts des rivières Wamba et Kwamgo, les rebelles auraient défoncé les défenses zaïroises pour s'avancer à 60 km à l'ouest de Kenge, sur la route de Kinshasa. Sans plus guère d'obstacles géographiques ou militaires susceptibles d'enrayer leur marche.




