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Libération

Kinshasa à l'heure de la grande pagaille. Agitation fébrile avant l'arrivée des rebelles.

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Publié le 14/05/1997 à 2h53

Kinshasa envoyé spécial

«Kinshasa ville morte» débuta hier soir mardi avec une nuit d'avance pour les «petites soeurs» du Savanah, du Cavanana, du Seguin et autres bars de la nuit kinoise. Loi martiale, couvre-feu et quadrillage militaire ont été décrétés, de 20 h à 6 h, sur l'agglomération. Kinkey, le ministre de l'Information, l'a annoncé dans l'après-midi à la fin d'un conseil de sécurité exceptionnel présidé par le général et Premier ministre Likula, en épilogue d'une drôle de journée.

Immense marché. Au petit matin, la ville est réveillée par l'agitation des «mamas». Sur les marchés, le long des rues, sur les terre-pleins, toutes les femmes de la ville «sont de sortie». Des liasses de zaïres dans les mains, des cabas sur la tête, des enfants aux basques, elles marchandent des fruits, soupèsent des sacs, achètent et entreposent, se regroupent pour louer camionnettes ou camions-bus. Mama Dominique, une jeune femme du quartier Ndjili, explique: «Quand les papas ne parlent que de bain de sang, les mamas s'approvisionnent.» De quoi par exemple? «Du pétrole, des allumettes, des médicaments de diarrhées, du foufou et du maïs poussière.» Sa voisine, mama Astrid, une doctoresse de l'hôpital: «Du foufou aussi, de l'huile de palme, de la bière Primus, du sel.» De quartier en quartier, sur les places, dans les boutiques, en boubous ou en Européennes, les Kinoises transforment la ville en un immense marché qui embouteille les avenues de voitures et camionnettes surchargées. Astrid ex

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