Miami correspondance
A un an de l'expiration de son mandat, Ernesto Samper a obtenu mardi de la commission sénatoriale des affaires constitutionnelles l'adoption d'un amendement rétablissant l'extradition vers les Etats-Unis des narcotrafiquants. Lors de son élection, le chef de l'Etat colombien avait pourtant assuré qu'une telle mesure ne figurait pas dans son programme.
Mais sous la pression des Etats Unis, qui l'accusent d'avoir accepté un financement du cartel de Cali lors de sa campagne électorale et qui ont suspendu leur coopération bilatérale, Samper a mis tout son poids dans une bataille dont l'issue est loin d'être assurée, et qui divise l'opinion. Rappel des faits: en 1991, à l'issue d'une vague meurtrière d'attentats, le chef du cartel de Medellin, Pablo Escobar, négociait sa reddition contre l'introduction dans la constitution d'un article interdisant l'extradition des barons de la drogue. Mais le démantèlement des cartels de Medellin, puis et Cali, n'ont pas mis un terme au flux de la poudre colombienne. Et en mars, pour la deuxième année consécutive, Clinton a inscrit la Colombie sur la liste noire des «narco-Etats», la privant de l'aide américaine et la plongeant dans une crise économique. Protestant de sa bonne volonté, Samper est parvenu à renforcer la répression contre les trafiquants, faisant notamment adopter au début de l'année une loi autorisant la saisie de leurs biens. Avant donc de tenter de rétablir l'extradition. Le gouvernement est maintenant engag




