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Interview

«Il y a eu beaucoup de massacres dans l'Est». Le rapporteur de l'ONU accuse les rebelles de bloquer l'enquête.

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Publié le 16/05/1997 à 1h45

Genève de notre correspondant

Toutes les victoires militaires et politiques de Laurent-Désiré Kabila, le nouvel homme fort du Zaïre, ne pourront effacer entièrement la réalité des massacres commis notamment contre des réfugiés rwandais dans les zones contrôlées par les rebelles. Dans le cadre d'une commission d'enquête des nations unies sur les droits de l'homme, le chilien Roberto Garreton a rendu un rapport début avril estimant qu'il existait «certains éléments laissant penser qu'il ait pu y avoir génocide» et recommandant des investigations plus approfondies. Une nouvelle mission est partie ce mois-ci, pour revenir au bout de quatre jours, sans avoir pu pénétrer au Zaïre. Alors que le conseil de sécurité de l'ONU a dénoncé hier «l'obstruction de la rebellion», Roberto Garreton, qui présidait cette mission, explique pourquoi «on l'a empêché de faire son travail».

Pourquoi n'avez-vous pas pu effectuer votre mission?

Avant que nous partions dans la région des Grands Lacs, Ralph Zacklin du Haut-Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies, m'a dit: «Vous avez un feu orange. Il n'est ni vert ni rouge.» Il n'est jamais passé au vert. Nous nous sommes rendus à Kigali et à Lubumbashi, où, pendant quatre jours, nous avons rencontré le chef de cabinet de Laurent Kabila et plusieurs ministres de l'Alliance. Il s'est très vite révélé que l'Alliance a posé des exigences inacceptables à notre mission. On a tout entendu. L'Alliance voulait modifier la composition de notre commissio

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