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Libération

Le Président joue les érudits

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Publié le 17/05/1997 à 2h33

Jacques Chirac, qui a déjeuné hier en aparté avec onze intellectuels

chinois au «Club de Chine» ­ une résidence très sélect de la capitale ­, a choisi de parler cinéma, littérature et histoire. Plusieurs peintres, critiques littéraires et universitaires figuraient parmi les invités, aux côtés de l'écrivain et ancien fonctionnaire Wang Meng, qui fut ministre de la Culture à partir de 1986, avant d'être limogé peu après la répression du mouvement de Tiananmen, en 1989. Autre invité de marque, le réalisateur Chen Kaige, qui a obtenu la palme d'or au Festival de Cannes de 1993 pour son film Adieu ma concubine. Selon Chen Kaige, qui éprouve régulièrement des difficultés avec la censure, Jacques Chirac «s'est intéressé uniquement à la Chine ancienne», hormis quelques «blagues» échangées sur les mérites respectifs des actrices Gong Li et Isabelle Adjani. Le Président, qui fut dès sa jeunesse l'un des visiteurs les plus assidus du musée Guimet des Arts asiatiques de Paris, éprouve une fascination toujours renouvelée pour tout ce qui touche la culture de la Chine ­ qu'il a qualifiée jeudi, paraphrasant de Gaulle, de «pays plus vieux que l'Histoire». Un autre invité s'est déclaré «étonné» par un Chirac très en verve. Lorsque la conversation est tombée sur le poète Li Bai, de la dynastie Tang (618-907), le Président a demandé à ses hôtes, et en particulier à Chen Kaige, s'ils savaient comment était mort ce poète, réputé pour n'écrire que sous état d'ébriété. La tablée d'intellectuels,

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