Kinshasa envoyé spécial.
Trois militaires âgés de moins de 20ans veillent devant les grilles de l'embarcadère du Beach. Depuis trois jours que le bac était immobilisé, les voyageurs pour Brazzaville louaient des vedettes. Aujourd'hui, c'est non. Le consul américain intervient, sans succès. Le producteur de CNN use toute la journée de sa notoriété, pour rien. Le chef de la sécurité de l'Alliance, futur ministre de l'Intérieur, tente d'arranger l'affaire pour ses amis américains et les dizaines de candidats au départ, congolais ou étrangers. Las, le plus jeune des militaires réitère son refus d'un geste. Aujourd'hui, les frontières de la République démocratique du Congo sont fermées, et Kinshasa ville close, pour l'arrivée du président Kabila, dont les angoisses sécuritaires sont notoires. Toute la journée, les informations contradictoires se sont succédées, comme pour brouiller les pistes. On a annoncé Kabila dans l'après-midi, puis l'Alliance assurait que son chef et leader du nouveau Congo ne viendrait pas. Avant finalement qui'il n'atterrisse hier soir à l'aéroport de Kinshasa, en provenance de Lubumbashi. Alors qu'il devait dévoiler la composition du futur gouvernement, il choisissait de ne pas faire de déclaration. Avant même que Kabila ne pose le pied à Kinshasa, l'ordre nouveau de l'Alliance s'est imposé dans la capitale. Au marché central, deux copines se baladent. Un militaire insulte l'une d'elle, en swahili, qu'elle ne comprend pas. Dix mètres plus loin, un autr




