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Au Salvador, la guérilla est passée du maquis aux mairies.Après leurs succès électoraux, les anciens rebelles doivent concilier gestion et idéologie.

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Publié le 27/05/1997 à 1h58

San Salvador envoyé spécial

«Enfin les difficultés commencent»" Hector Silva se plonge avec une gourmandise affichée dans les dossiers sensibles de la capitale San Salvador, dont il a ceint, le 1er mai, l'écharpe de maire après son élection triomphale. Signe particulier: ce gynécologue de 49 ans formé aux Etats-Unis était le candidat soutenu par le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), l'ancien mouvement de guérilla reconverti en parti politique. Les ex-rebelles du Salvador ont remporté, le même jour, les trois plus grandes villes du pays et 28 sièges de députés, faisant jeu égal avec le parti gouvernemental. Les urnes leur ont ainsi ouvert des conquêtes qu'ils n'étaient jamais parvenus à réaliser les armes à la main en douze ans de guerre civile. En revanche, l'Arena (Alliance républicaine nationaliste, droite) du président Armando Calderon Sol a essuyé de cuisantes déconvenues, et sera contrainte de partager le pouvoir avec de petites formations conservatrices, au prix de compromis en cours de tractations.

Marxisme et marché. Première épreuve pour Hector Silva: le recyclage des ordures, qui laisse à désirer dans une métropole en effervescence immobilière. Le nouveau maire avait critiqué pendant la campagne le coûteux projet d'usine d'incinération promis par son prédécesseur. Il préconise une unité de tri et de recyclage, plus écologique et créatrice d'emplois, mais se réserve de changer d'avis si la vérité des prix l'y contraint. «La gestion passe avant l'idé

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