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Indonésie: des élections sur mesure pour le clan Suharto.Le parti au pouvoir a prévu son score: 70,02% des voix...

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Publié le 29/05/1997 à 1h55

Depuis qu'il est parvenu au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat, en

septembre 1965, qui s'est soldé par une purge qui fit un demi-million de morts, le président Suharto et son parti, le Golkar, ont toujours été quasiment plébiscités, à la faveur d'un processus électoral taillé sur mesure. Les élections générales prévues pour se dérouler aujourd'hui s'annoncent du même aloi. Le Golkar, parti au pouvoir, qui a réalisé un score de 68% de voix lors des dernières élections, en 1992, est plus sûr de lui que jamais. Il a d'ores et déjà prévu qu'il remporterait aujourd'hui 70,02% des voix, ni plus ni moins, et beaucoup d'observateurs sont enclins à le croire.

Les frustrations n'en sont que plus grandes, notamment du côté des nombreux oubliés de la croissance économique, qui pestent contre les écarts de richesse et les passe-droits que s'arrogent les proches du pouvoir, qu'il s'agisse de la minorité chinoise, qui contrôle la majorité de l'économie nationale, ou de la famille présidentielle, sorte de «Suharto Inc.». Ces frustrations s'expriment dans la rue, comme c'est souvent le cas en Indonésie. Au moins 260 personnes ont été tuées durant la campagne électorale qui s'est achevée vendredi, la plus violente qu'ait connue l'Indonésie. Le pays (200 millions d'habitants, en majorité musulmans) avait été secoué dans les mois précédents par une série d'émeutes à caractère social, religieux ou ethnique qui ont laissé des centaines de morts. «Je n'ai jamais vu autant de jalousie et de colère r

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