Tokyo de notre correspondante
Six «kanji», des idéogrammes chinois, tracés à l'encre rouge hantent la ville de Kobe. Six caractères écrits à la main sur un bout de papier que les policiers ont découvert dans la bouche d'un gamin assassiné. Mardi matin, la tête de la jeune victime, séparée du corps, a été trouvée devant le portail de son lycée.
Ces «kanji» pourraient être la clé du meurtre horrible du petit Jun Hase, 11 ans. C'est le concierge de l'établissement qui a découvert la tête sans corps, profondément meurtrie. Le ratissage systématique des environs par quelque 500 policiers avait permis de retrouver le corps quelques heures plus tard, dans des buissons, non loin du lycée de Tomogaoka situé dans le quartier de Suma.
Jun Hase, légèrement retardé mentalement, avait été porté disparu samedi dernier, trois jours avant la découverte de son cadavre. Il avait quitté le domicile familial dans l'après-midi pour rendre visite à son grand-père résidant à moins d'un kilomètre de là.
Un meurtre et plusieurs agressions étant survenus dans les environs ces derniers temps, les enquêteurs semblent privilégier la piste d'un tueur en série. Un premier décryptage des notes trouvées dans la bouche du gamin confirmerait ces soupçons. Sur le bout de papier, le meurtrier a écrit successivement six «kanji», représentant cinq mots, qui se lisent «saké», «oni», «bara», «sei», «to», signifiant dans l'ordre, alcool, diable, rose, sacré et combat. Mais, associés, ceux-ci peuvent se lire différemment




