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«La peur, et c'est tout». Nouvel attentat hier à Alger, le cinquième au moins en trois jours.

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Publié le 03/06/1997 à 4h20

Alger envoyés spéciaux

Devant la boulangerie en haut de la rue Ben Mihidi, les équipes de nettoyage lavent à grande eau les débris de verre et les traces de sang. Dans le caniveau, on pousse en tas des chaussures dépareillées. Hier matin, à Alger une bombe a explosée à l'heure d'ouverture du marché. Un homme avait déposé l'engin sur le trottoir, encombré de passants, avant de prendre la fuite. La veille, dimanche, c'était un bus bondé de passagers qui explosait en fin d'après-midi sur la place des Martyrs. Trois jeunes gens, selon un témoin, avaient grimpé à bord puis étaient descendus en courant, juste avant la déflagration. Le choc résonne dans toute la capitale. Du véhicule, il ne reste qu'une carcasse calcinée que certains passants viennent toucher, comme une relique. Une demie heure plus tard, un second autobus est à son tour pulvérisé, avenue Ghermoul.

Depuis le début du week-end, Alger est la cible des attentats. Série noire ouverte samedi dans un cinéma du centre-ville. Sans compter ces explosions dont on ne sait rien, ou si peu, une fumée qui monte au-dessus de la ville, ces concerts de sirènes convergeant vers un quartier, un bâtiment éventré entrevu au hasard d'un trajet, une liste imprécise de victimes lâchée par un hôpital. Difficile de donner un bilan précis de cette campagne de terreur car les journalistes, très souvent, sont tenus à l'écart des lieux des drames. Pourtant, à quarante-huit heures des législatives, au moins cinq bombes ont éclatées en trois jou

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