Miami correspondance
Sous la pression des constructeurs américains, Bill Clinton envisage de lever un embargo établi il y a vingt ans par l'ex-président Jimmy Carter sur les ventes d'avions de combat de la dernière génération aux pays d'Amérique latine. Cette éventuelle décision est attendue avec impatience par la plupart des responsables militaires des Etats concernés, frustrés par des années de coupes sévères dans leurs budgets. Elle suscite, en revanche, de vives inquiétudes dans les instances civiles des mêmes pays. Le président brésilien Fernando Henrique Cardoso dénonce le risque d'une ruineuse course aux armements alors que «ces engins ultramodernes ne serviront à rien parce que sur ce continent il n'y aura plus de guerre». Aux Etats-Unis, le débat est lancé, créant de vives oppositions jusqu'à la Maison Blanche.
Selon un fonctionnaire du département d'Etat, «le dossier est pour l'instant à l'étude. Les décisions se prendront probablement au cas par cas». Ce sont le Chili et le Pérou, où l'armée conserve le plus d'influence dans le sud du continent, qui ont provoqué la polémique. L'armée chilienne, que dirige toujours le général Pinochet, possède de gros moyens, puisqu'elle dispose de 10% des revenus des mines de cuivres. Elle veut acquérir 24 avions de combat pour remplacer ses «antiques» Mirage. Deux appareils paraissaient tenir la corde, le Mirage 2000 français et le MIG-29. Mais les constructeurs américains Lockheed-Martin et McDonnell Douglas ont arraché à Cli




