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Le Premier ministre haïtien démissionne. Le départ de Rosny Smarth risque de paralyser totalement les réformes économiques.

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Publié le 11/06/1997 à 3h51

Miami correspondance

Le Premier ministre Rosny Smarth a présenté sa démission lundi après-midi à l'ouverture de la nouvelle session ordinaire de l'Assemblée nationale. «Je pense qu'il est temps de céder la place à une autre équipe», a-t-il déclaré, à la surprise des parlementaires, devant lesquels il était censé venir présenter son bilan et son programme. «Le gouvernement n'a pas répondu aux besoins du peuple. Son image n'est pas bonne, et il n'inspire pas confiance.» Son départ risque de paralyser totalement la réforme économique engagée sous la pression des bailleurs de fonds internationaux, qui conditionnent leur soutien à une remise en ordre de la fonction publique et à la privatisation des principales entreprises d'Etat. Il accentue, par ailleurs, la confusion politique régnant en Haïti, en révélant au grand jour le conflit qui oppose les deux factions rivales de la majorité. Le pouvoir est déchiré entre militants du mouvement «la Famille Lavalas», récemment créé par l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, et les partisans du Premier ministre démissionnaire, du parti «Opération politique Lavalas» (OPL). Aristide s'oppose au programme des privatisations, qui ne ferait selon lui que «profiter aux nantis et appauvrir les nécessiteux». Les dernières semaines ont vu se multiplier grèves et manifestations, souvent violentes, où les militants de la Famille Lavalas brocardaient les «gros mangeurs» («corrompus») infiltrés, accusent-ils, dans le gouvernement.

Lassé de jouer l

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