Hong-kong envoyé spécial
L'homme parachuté par Pékin à la rédaction du prestigieux journal en anglais de Hong-kong, le South China Morning Post, s'appelle Feng Xiliang. Agé de 77 ans, Feng est officiellement employé depuis deux mois comme «consultant», mais tout le monde au Post l'appelle le «commissaire politique». Feng dirigeait auparavant le China Daily, un organe chinois de presse en anglais basé à Pékin, dont la fonction essentielle consiste à relayer à l'extérieur les positions officielles. «Un matin, j'ai découvert qu'il était là" Personne ne m'avait rien dit et on ne m'a pas laissé de choix», raconte le rédacteur en chef britannique, Jonathan Fenby, dont le bureau est attenant à celui de Feng.
L'arrivée de ce professionnel de la propagande chinoise a été imposée par le propriétaire du journal, Robert Kuok, un industriel sino-malais brassant beaucoup d'affaires avec la Chine, bien connu pour ses bonnes relations avec le gouvernement chinois. C'est, reconnaît Fenby, «en gage de bonnes relations» avec les autorités communistes que Feng a été nommé à ce poste aux fonctions mal définies. «Feng nous ouvre des portes en Chine. Il nous a permis d'obtenir récemment une interview avec le ministre chinois des Affaires étrangères», plaide benoîtement Fenby. Depuis son bureau donnant sur la baie, il peste contre ses confrères britanniques du Guardian et de l'Observer, qui ne sont pas loin d'affirmer que le Post est «muselé». Des signes avant-coureurs sont apparus deux ans après le




