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SPECIAL HONG-KONG. Des cages pour logement dans la rue du «bonheur parfait». Les exclus de la prospérité vivent entassés dans des pièces grillagées.

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Publié le 30/06/1997 à 4h32

Hong-kong, envoyé spécial.

En poussant l'une des portes du second étage du 15, de la rue du «bonheur parfait», dans le quartier de Tai Kok Tsui, on comprend tout de suite pourquoi Hong-kong bat tous les records du monde de densité humaine. Trois petites vieilles viennent vous accueillir: mesdames Wong, Chen et N'g, âgées respectivement de 86, 83 et 82 ans. Les murs sont couverts d'ex-voto rouges représentant des divinités locales flanquées de citations en lettres dorées («puisse l'avenir apporter bonheur et fortune»).

La pièce, à peine plus de 15 m2, rudimentaire mais d'aspect relativement propre, ressemble à un compartiment de train. Presque tout l'espace est occupé par une quinzaine de lits superposés trois par trois du sol jusqu'au plafond. Chaque couchette est cernée de toutes parts par un épais grillage noir, hormis une ouverture qu'il est possible de cadenasser. Chaque locataire y entrepose tous ses biens accumulés en une vie, en général des casseroles et autres ustensiles de cuisine. Ceux-ci sont disposés à mi-hauteur, ce qui ne laisse que 40 centimètres de large pour la couchette proprement dite. Chaque «cage» mesure à peine un mètre de large sur 1,90 mètre de long et un mètre en hauteur.

Chômeurs, malades" C'est le revers de la médaille de la prospérité de Hong-kong. Selon le gouvernement, 2 700 personnes vivent dans de telles conditions sur 6,3 millions d'habitants que compte l'île. Mais Tsang Ka Wai, une responsable de la Société pour l'organisation communautaire (S

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