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Libération

Parfum de scandale sur les urnes argentines. L'enquête sur le meurtre d'un reporter a coûté son poste au ministre de la Justice.

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Publié le 02/07/1997 à 6h41

Buenos Aires correspondance

Dans de nombreux commerces argentins et sur les vitres des voitures, la même petite affiche d'un portrait avec cette épigraphe «n'oublions pas Jose Luis Cabezas». Le photographe de presse a été assassiné en janvier dernier dans l'élégante station balnéaire de Pinamar, dans des conditions particulièrement horribles, et n'a pas quitté la une de la presse depuis cinq mois. Dernier épisode en date: l'enquête vient de coûter son poste au ministre de la Justice et embarrasse de plus en plus le gouvernement.

La semaine dernière, la révélation de nombreuses communications téléphoniques entre des membres du gouvernement et l'homme d'affaires Alfredo Yabran, soupçonné d'être l'instigateur du crime, a déclenché un tollé. D'autant que le ministre de la justice, mis en cause, avait nié, à plusieurs reprises, toute relation avec l'entrepreneur, pour finalement reconnaître avoir reçu ces appels" Une fois les preuves de ces contacts publiées.

Au centre de ce scandale, l'homme d'affaires Alfredo Yabran et sa fulgurante trajectoire. De simple employé d'une entreprise postale, il devient rapidement, dans les années 70, actionnaire principal d'Ocasa, un autre courrier privé. En 1994, il est la cible de la campagne du ministre de l'Economie de l'époque contre «les mafias incrustées dans le pouvoir». Il est accusé de contrôler, avec des prête-noms, de multiples postes privées, entreprises de transports de fonds, dépôts de douane et free-shops dans les principaux aéroport

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