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Elections législatives et régionales dimanche. Mexique: la guerilla retro du guerrero. L'EPR sert de prétexte au pouvoir pour laminer l'opposition.

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Publié le 03/07/1997 à 6h38

Aguas Blancas, Guerrero, envoyé spécial

Le rio Aguas Blancas (eaux blanches) ne méritait guère son nom quand, samedi dernier, Jeronimo Peñate s'est noyé dans un tourbillon de boue, en se baignant dans la rivière gonflée par des pluies exceptionnelles. Le lieu est décidément maudit. Au même endroit, il y a deux ans, la police avait mitraillé sans sommation un camion longeant la rive, avec 54 paysans à son bord. On ramassa 17 cadavres et une trentaine de blessés. Les victimes, répondant à l'appel de leur syndicat agricole, l'Organisacion Campesina de la Sierra del Sur (OCSS), s'en allaient manifester à Atoyac, une ville voisine, contre la spéculation foncière et les magouilles du caudillo local, Rubén Figueroa Alcocer, gouverneur de l'Etat du Guerrero. Nul ne doute ici que ce hiérarque du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), le parti-Etat qui dirige le Mexique depuis soixante-huit ans, fut l'instigateur du massacre.

Trait d'union. Jeronimo Peñate était lui aussi un paysan. Sympathisant zapatiste, il était venu de son lointain Chiapas pour participer aux commémorations du drame et témoigner de la solidarité des insurgés de sa région. Sa mort a tracé un trait d'union tragique entre les deux mouvements de lutte armée qui défient, chacun à sa manière, le pouvoir de Mexico. L'Armée populaire révolutionnaire (EPR), le plus récent et le plus agressif, reste le plus mystérieux. Ses chefs n'ont pas le charisme médiatique du «sous-commandant Marcos» et, contrairement aux bataillon

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