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Elections législatives et régionales dimanche au Mexique (2). Le Chiapas sous la botte du parti-Etat. Le boycottage du scrutin par les zapatistes laisse le champ libre à la propagande du PRI, le parti au pouvoir.

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Publié le 04/07/1997 à 6h32

San Cristobal de las Casas, envoyé spécial

«C'est la saison des pluies et la boue revient nous enduire et nous protéger. L'espérance se pare de l'ocre de la boue dans nos montagnes pour que, comme dirait le grain de blé, de la glaise naisse le lendemain...» Rafael Sebastian Guillen, poète plus connu sous son nom de guerre de «sous-commandant Marcos», est sorti mardi de son mutisme par ce communiqué-canular publié par les journaux mexicains. Dans son message, Marcos n'a fait que confirmer la retraite délibérée de l'armée zapatiste sous les frondaisons de la forêt du Lacandon, son sanctuaire. Volontairement ou par impuissance, l'EZLN a en effet abandonné depuis plusieurs mois l'arène politicienne aux partis qui se disputeront, dimanche, les douze sièges du Chiapas au Congrès fédéral. Elle a d'ailleurs annoncé hier que les 40 000 indigènes vivant dans sa «zone de contrôle» boycotteraient le scrutin. Le même jour, le président Ernesto Zedillo, flanqué de cinq secrétaires d'Etat et du gouverneur de l'Etat, s'est déplacé dans le fief des insurgés. Une visite non annoncée avec de merveilleux cadeaux électoraux dans sa hotte. Aux 15 000 indigènes tzotzils et tzeltals du bourg de Pantelho, le chef de l'Etat a par exemple promis de distribuer gratuitement à la rentrée livres et cahiers scolaires. Et énuméré tous les bienfaits dispensés par le PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), qui règne sans partage sur le Mexique depuis soixante-huit ans, pour combler les inégalités qui acca

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