Miami correspondance
Ernesto Zedillo a fait montre d'un flegme étonnant face à la déroute du parti dont il est issu et a qui perdu dimanche la majorité parlementaire absolue qu'il détenait depuis soixante-huit ans. Le président mexicain est apparu souriant à la télévision, comme s'il était intimement heureux du résultat. Il a chaleureusement félicité Cuauhtémoc Cardenas, le leader charismatique de la gauche, la vedette du scrutin avec sa conquête triomphale de la mairie de Mexico qui se jouait pour la première fois au suffrage universel.
Paradoxe. Heureux aussi les marchés financiers, qui ont salué d'une envolée boursière la fin de l'hégémonie du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI). Ce satisfecit est tout aussi paradoxal, car, au sein du nouveau Congrès, pourraient bien se nouer des majorités de circonstance entre le Parti de la révolution démocratique (PRD) et des secteurs protectionnistes du PRI, pour paralyser le cours néo-libéral de l'économie imposé par Zedillo. Heureux encore, Bill Clinton qui s'est déclaré confiant «dans le futur commun» des Etats-Unis et du Mexique liés par un traité de libre-échange, faisant abstraction du courant d'exaspération antiaméricain qui a alimenté en partie le succès des oppositions face à un pouvoir jugé trop servile. Ces congratulations, le prix Nobel de littérature Octavio Paz en a résumé d'une phrase prudente, dans le quotidien Reforma, le dénominateur commun: «Les élections du 6 juillet marquent, peut-être, une nouvelle ère dans




