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A Liège, le 14 Juillet de la «Wallonie française». Marianne et Napoléon à l'honneur chez les partisans du rattachement.

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Publié le 16/07/1997 à 5h59

Liège, envoyée spéciale.

En tête, marche une femme rousse, qu'on appelle Coco et à laquelle une trentaine de messieurs âgés en béret et médailles demandent régulièrement de ralentir. «Calme-toi, chérie. Nous, on n'a plus toutes nos jambes. On a fait la guerre.» Dans un cimetière, devant un monument aux morts, la petite troupe salue, tandis que la Marseillaise, grésillée par un petit magnétophone portable, lutte contre un ciel d'orage et de 14 juillet. Dans la province de Liège, c'est jour de fête. On y célèbre Marianne bien davantage que le 21 juillet, commémoration nationale du royaume. Parmi les anciens combattants, des résistants pour la plupart, on réclame «Ben» qui est LE français du défilé. Le voilà, très droit. Benafghoul est né en Algérie, ancien du bataillon d'Afrique du Nord, installé à Liège dans les années 60 quand la Belgique réclamait des manoeuvres.

Une minorité. Pour ce 14 Juillet, une place au centre de Liège a été transformée en «village gaulois», c'est-à-dire quelques buvettes et des terrains de pétanque. «C'est bien les deux mamelles de votre culture, n'est-ce pas?» s'enquiert poliment un bistrotier. Devant une bière, les érudits locaux peuvent évoquer des heures durant ces temps napoléoniens, où, pendant vingt ans, leur province s'appelait «le département de l'Ourthe». Les bras tendus, le verbe ému, ils font surgir ces troupes de gamins d'outre-Meuse qui firent tomber l'armée autrichienne dans les filets de l'empereur, ce conseil des 1 200 sages wallons

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