Saloth Sar, alias Pol Pot, alias «frère numéro 1», a été le maître
d'oeuvre du génocide cambodgien. En trois ans et demi d'exercice du pouvoir, du 17 avril 1975 au 7 janvier 1979, deux millions de Cambodgiens sont morts, exécutés, torturés ou affamés par le régime du Kampuchéa démocratique soit 25% de la population du pays (7millions d'habitants). Tuol Sleng, une école secondaire de Phnom Penh transformée en centre de torture et d'extermination, était l'incarnation de la folie idéologico-meurtrière de Pol Pot, chef de l'«Angkar» (l'Organisation). 17 000 personnes y périrent, souvent dans les pires souffrances, non sans être bureaucratiquement photographiées. Sous forme de milliers de clichés collés aux murs, les expressions indéfinissables de la cohorte des victimes hantent toujours Tuol Sleng, aujourd'hui reconverti en «musée du Génocide». Tuol Sleng était aussi la fierté de Pol Pot. Le lieu était baptisé «Centre S 21» (S pour «sécurité», 2 pour «deuxième bureau» et 1 pour «frère numéro 1»). Pol Pot est né Saloth Sar dans une famille paysanne de la province de Kompong Thom, le 18 mai 1925. Il apprend à lire et à écrire dans un monastère bouddhiste, puis entre dans une école technique de Phnom Penh. Il rejoint la résistance anticoloniale indochinoise pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1949, il obtient une bourse d'études pour étudier l'électronique à Paris, où il passe trois ans, échouant chaque année à ses examens. Après un été passé à faire les vendanges en Yougosl




