«Ma lettre d'abdication (...) est déjà rédigée par moi, depuis plus
d'une semaine.» Par ce communiqué rédigé depuis Pékin, où il est soigné pour plusieurs maladies, le roi du Cambodge a menacé hier de ne plus cautionner Hun Sen, l'homme fort au pouvoir à Phnom Penh. Norodom Sihanouk, dont la fonction régalienne est essentiellement honorifique, pouvait également paraître tenté de regagner une influence politique au moment où son pays traverse la plus grave crise qu'il ait connu depuis les accords de paix de Paris, en 1991. Crise attisée par l'éviction de son fils, le «premier» co-Premier ministre Norodom Ranariddh, par le «second» co-Premier ministre Hun Sen, début juillet. Mais le souverain cambodgien, aussi célèbre pour ses volte-face que pour sa passion pour le cinéma et la mise en scène, n'a pas démenti sa réputation. Dans une autre lettre reçue hier à Phnom Penh, le roi Sihanouk a fait part de son intention de regagner son pays en tant que «souverain» démentant implicitement ses propos antérieurs. Il souhaite, dit-il, aller à Phnom Penh avec son épouse, la reine Monique, pour participer à des prières bouddhistes «pour la restauration de la paix et la réconciliation nationale». L'atmosphère de confusion qui ressort de ces déclarations est en tout cas symptomatique de l'imbroglio qui sévit au Cambodge, un pays que les Nations unies avaient cru pouvoir aiguiller pour de bon sur la voie démocratique en organisant les toutes premières élections libres en1993. Un compromis




