Buenos Aires, de notre correspondante
Neuvième grève générale contre la politique économique du président Carlos Menem (au pouvoir depuis 1989), le mouvement a été amplement suivi hier, surtout dans les transports, et ponctué de barrages de rues dans la capitale et dans plusieurs provinces. Convoquée par l'aile dure syndicale (opposée à la Confédération générale du travail CGT liée au péronisme), la grève était appuyée par l'Alliance pour le travail, la justice et l'éducation (Atraje), front formé début août par l'opposition en vue des élections législatives d'octobre.
La CGT, qui avait pourtant soutenu les grèves précédentes, semble être revenue dans le giron du Parti justicialiste (PJ, au pouvoir), après l'accord passé avec le gouvernement sur la flexibilité du travail. Entre autres points, celui-ci laisse le contrôle des oeuvres sociales qui administrent 3 milliards de dollars entre les mains des syndicats. Cette dérégulation est en revanche réclamée par le patronat. Alors que la campagne électorale est déjà lancée, il est peu probable que la réforme du travail soit votée avant le 26 octobre. Et, d'ici là, Carlos Menem devra faire face sur plusieurs fronts. D'abord, sur celui du mécontentement social, en recrudescence. En juin, des barrages de route ont paralysé plusieurs provinces, où les privatisations et le dégraissage de la fonction publique ont entraîné un chômage endémique. Après avoir employé la force, le gouvernement a dû négocier avec les chômeurs, auxque




