Pékin intérim
Les dirigeants chinois ont achevé hier leur conclave secret à la station balnéaire de Beidaihe, à 300 km de Pékin, où ils ont discuté de l'ordre du jour du XVe Congrès du Parti communiste, prévu dans moins d'un mois. Ce congrès revêt une importance capitale puisqu'il déterminera les orientations économiques et politiques du pays pour les cinq années à venir. Nirvana socialiste. Comme un symptôme des débats au sein de la direction communiste, le PC laisse filtrer depuis plusieurs semaines deux discours concurrents, savamment distillés par les relais habituels du régime que sont, pour l'un les intellectuels libéraux, pour l'autre les revues conservatrices. Le premier appelle à la mise en oeuvre de réformes supplémentaires, l'autre au retour à une politique plus orthodoxe. Jiang Zemin, chef du parti, de l'Etat et de l'armée, en a surpris beaucoup en entonnant, le 29 mai, un air foncièrement réformiste qu'on ne lui connaissait guère. Jiang, qui se positionne en exégète de la «pensée Deng Xiaoping», a repris à son compte la notion de «stade primaire du socialisme». Cet ingénieux concept justifie l'emploi de méthodes purement capitalistes afin de renforcer la base économique du pays et lui permettre ainsi, à terme, d'atteindre le nirvana socialiste. Zhao Ziyang, l'infortuné prédécesseur de Jiang (limogé en 1989 pour «ultralibéralisme»), en avait fait son credo. Mises en faillite. Cette théorie avait couvert, en 1987, l'introduction des premières réformes économique




