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Les tziganes tchèques rêvent du Nouveau Monde. Victimes de violences, ils se bousculent pour partir au Canada.

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Publié le 21/08/1997 à 6h49

Prague de notre correspondant

Tout commence le 6 août par un reportage anodin sur TV Nova, la chaîne privée populaire qui capte 70% de l'audience en République tchèque. Il y est question d'un ménage d'émigrés tchèques, des Tziganes originaires d'Ostrava, installés depuis peu au Canada. Des images idylliques évoquent une vie qui recommence au Nouveau Monde et le bonheur d'avoir quitté «l'enfer de Moravie du Nord», région industrielle sinistrée du pays où la plupart des Roms vivent mal.

Le sujet frappe d'autant plus les esprits des familles tziganes que la plupart d'entre elles viennent d'être durement touchées par les inondations de juillet qui ont détruit leurs habitations précaires. Le Canada s'impose subitement comme la solution à tous leurs maux. Selon des chiffres non officiels, entre 5 000 et 15 000 Roms veulent y émigrer. Submergée, l'ambassade du Canada à Prague s'inquiète de cet afflux brutal, mais ne peut rien pour l'endiguer. Les deux pays ont en effet aboli les visas réciproques en 1996 et les Tziganes de Bohême, citoyens tchèques, sont donc parfaitement libres de se rendre outre-Atlantique. Sitôt arrivés, ils ont deux jours pour déposer une demande d'asile politique, motivée par le racisme et la discrimination permanente dont ils estiment faire l'objet en République tchèque. La demande a de fortes chances d'être repoussée à l'issue d'un examen qui peut durer plusieurs mois. Toujours est-il que la ruée sur les guichets des compagnies aériennes continue: plus une p

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