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Singapour: l'opposition saignée par des procès. Le leader du Parti des travailleurs à nouveau jugé pour diffamation par les autorités.

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Publié le 22/08/1997 à 7h13

A Singapour, il est des procès en diffamation qui ressemblent à s'y

méprendre à des procès politiques. C'est ce que ne s'est pas gêné de dire mercredi le leader de l'opposition, Joshua Jeyaretnam, un des deux membres du Parlement à ne pas faire partie du Parti d'action populaire (PAP) au pouvoir. Jeyaretnam, leader du Parti des travailleurs (PT), est jugé depuis mardi pour diffamation à l'encontre du Premier ministre Goh Chok Tong et de dix autres membres du PAP, dont le «senior minister», Lee Kuan Yew. Ce procès «est de nature politique et vise à me mettre hors circuit», estime l'accusé. Il n'est pas le seul à le soupçonner, puisque Amnesty International et la Commission internationale des juristes surveillent de près la procédure. Ces organisations redoutent que les autorités utilisent les procès en diffamation pour neutraliser l'opposition de l'île-Etat, qui n'a remporté que 2 sièges sur 83 aux législatives du 2 janvier.

Jeyaretnam, à l'instar d'autres politiciens de l'opposition ruinés par le pouvoir en place, a déjà payé de sa personne pour des paroles qui ont eu l'heur de déplaire à Lee Kuan Yew et à d'autres membres du gouvernement. Au fil des ans, Jeyaretnam a été condamné à payer l'équivalent de 3,4 millions de francs à Lee Kuan Yew. Ce dernier est un aficionado des procès en diffamation: il en a intenté au moins quatorze. Pour justifier leur obsession procédurière, les autorités affirment qu'elles doivent défendre leur«autorité». Leur dernier exutoire en date s'appe

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