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Le réfugié de trop de Montserrat. Mowry, seul Blanc à vivre dans un abri, est rejeté par la population.

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Publié le 23/08/1997 à 7h09

Montserrat, envoyée spéciale.

Au tableau noir, la leçon sur les synonymes est encore écrite à la craie. En dessous, à la place des bancs de classe, s'alignent les lits de camp d'un veilleur de nuit, d'un exterminateur de cafards ou d'un père de famille en dépression. A Montserrat, tout ce qui se trouve hors de portée du volcan, églises, écoles, hôpitaux, a été transformé en abri collectif. «Notre particularité, ici, c'est que nous logeons un Blanc», annonce d'emblée l'exterminateur de cafards.

Retraite perturbée. C'est indéniable. Thomas Edward Mowry, 63 ans, allongé sur un des lits, n'est pas Noir. La constatation se fait performance, si on la croise avec les statistiques. Sur les 1 500 réfugiés de l'île, Mowry est le seul Blanc à vivre dans un abri, alors que cette communauté représentait 10% de la population en des temps plus sereins. Américain d'Amérique, Mowry avait choisi de prendre sa retraite sur l'île d'Emeraude des Caraïbes. Pour «le calme», explique-t-il. C'était en 1994, un an avant le volcan. Il a dû évacuer sa villa en juillet dernier. «Je n'avais pas les moyens de louer ailleurs dans l'île, ni l'envie de me retrouver en tête à tête avec mon frère, là-bas dans l'Oregon».

La pancarte collée au-dessus de son lit offre une autre explication: «Si humble soit-il, rien n'est plus doux que son foyer.» Ce n'est pas qu'une plaisanterie. La catastrophe est l'univers familier de Mowry. Ancien GI de la guerre de Corée, assistant social en Indonésie, il a aussi travaillé da

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