Miami correspondance
A l'approche des élections municipales du 26 octobre, la guérilla colombienne a adressé aux candidats un message limpide: «Abandonnez vos ambitions politiques et retirez-vous, sinon nous vous considérerons comme une cible militaire.» Pour donner du poids à la menace, des commandos des FARC (Forces armées révolutionnaires) ou de l'ELN (Armée de libération nationale) ont enlevé la semaine dernière quarante-trois conseillers municipaux sortants et candidats des départements de Bolivar (nord du pays) et du Narino (sud). Ils ont été libérés après qu'ils eurent renoncé à se présenter.
Quelque soixante autres ont été assassinés depuis le printemps, comme le sénateur Jorge Cristo Sahium, un ami du président Ernesto Samper, abattu le 8 août. Dans onze des 1 072 municipalités du pays, les élections ont déjà été officiellement annulées, faute de candidats.
Les pressions de la guérilla s'avèrent plus vives dans les zones de conflit qu'elle dispute aux forces armées régulières ou aux groupes paramilitaires. Le directeur de la Fédération des villes colombiennes, Gilberto Toro Giraldo, révèle que 25% à 30% des municipalités y sont confrontées. «Les groupes armés, explique-t-il, veulent qu'il n'y ait pas de scrutin. Ils s'en prennent à la légitimité démocratique des élus locaux, qui s'est renforcée depuis que les maires sont élus au suffrage universel, depuis 1989.» L'ELN dénonce la «farce électorale qui prolonge le système de corruption».
Ailleurs, les FARC et l'ELN sont s




