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Madame Li, «preuve vivante»du massacre de Nankin. A 78 ans, elle est l'une des dernières survivantes des atrocités commises par les soldats japonais en 1937 dans l'ancienne capitale chinoise. Et elle se bat contre ceux qui les nient.

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Publié le 28/08/1997 à 6h57

Tokyo de notre correspondante

A la manière d'une épitaphe, les mots imprimés en caractères chinois sur la carte de visite, mal traduits en anglais en dessous, résument toute l'existence de la vieille dame: «Li Xiuying. Survivante du massacre de Nankin pendant l'invasion japonaise en Chine» en 1937. A 78 ans, madame Li est venue de Nankin, capitale de la province de Jiangsu qu'elle n'avait jamais quittée, jusqu'au Japon pour témoigner des atrocités commises par l'armée impériale nippone en Chine, il y a plus d'un demi-siècle. Une période sombre de leur histoire que beaucoup de Japonais souvent ignorent, ou feignent d'ignorer, quand ils ne contestent pas tout simplement la réalité de ce passé.

«Je veux que le gouvernement japonais s'excuse pour ce massacre et qu'il indemnise les victimes. Je veux aussi dire au monde combien cette guerre a été cruelle.» Elle a engagé une action en justice contre l'Etat japonais. Depuis 1995, cinquantenaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, des centaines de Chinois et d'Asiatiques ont, à l'instar de madame Li, demandé réparations pour les exactions subies au moment de l'occupation japonaise. Nombre de Japonais nient également que l'armée impériale ait enrôlé des dizaines de milliers d'«esclaves sexuelles», un fait pourtant établi de longue date par les historiens. «Certains Japonais disent encore qu'il n'y a jamais eu de massacre à Nankin, c'est insupportable.» Li Xiuying montre son visage, ses bras, ses mains, comme pour prouver qu'elle e

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