Le petit Etat du Panama est devenu depuis quelques mois le terrain
d'affrontement des deux Chines. Furieuse du fait que le Panama ait invité le président taïwanais, Lee Teng-Hui, à la conférence internationale sur le canal de Panama, la Chine populaire a boycotté le conclave qui doit s'achever aujourd'hui. Pékin, qui déploie des montagnes d'ingéniosité pour isoler Taiwan sur la scène internationale, a également fait pression sur les pays invités. Si bien que la conférence, qui devait à l'origine accueillir une vingtaine de chefs d'Etat dont Jacques Chirac et Bill Clinton a finalement dû se contenter de la présence de trois Présidents. Il s'agit, hormis Lee, d'Arnaldo Aleman (Nicaragua) et de Roberto Reina (Honduras).
La Chine populaire, qui impose aux nations qui la reconnaissent de ne pas entretenir de relations diplomatiques avec Taiwan, tente depuis de longues années de saper le «fief diplomatique» que constitue pour Taiwan cette région de l'Amérique centrale et des Caraïbes. Quatorze des trente pays fidèles à Taiwan sont dans cette zone géographique. La Chine n'a pas hésité, au cours des trois dernières années, à brandir par deux fois son veto pour entraver des opérations de l'ONU concernant des pays fidèles à Taiwan le Guatemala et Haïti. Pékin joue également du chéquier: un don récent de un million de dollars à Sainte-Lucie a aidé cette petite île à changer d'allégeance. Mais la Chine populaire est loin derrière Taiwan, qui reste maître dans le domaine du portefeui




