U-ni-ver-sel. Le mot revient dans la bouche de tous les orateurs du congrès «universel» du canal de Panama, ouvert dimanche par le président de la petite république centraméricaine pour fêter la prochaine «nationalisation» de la célèbre voie d’eau interocéanique. La date a été choisie en fonction d’un anniversaire. Il y a vingt ans, le président américain Jimmy Carter signait avec le général Omar Torrijos, dictateur populo-nationaliste du Panama, le traité prévoyant, le 31 décembre 1999 à minuit, la totale rétrocession aux autorités locales des biens et des activités de la société américaine gérant le canal. Restait à convaincre les usagers, à l’approche de l’échéance, qu’ils ne pâtiraient pas de cette succession. Tel est l’objet de la conférence.
L'«universalité», elle, relève du fantasme identitaire des Panaméens. Ils sont moins de trois millions, descendants et sangs mêlés de toutes origines, blancs, indiens, jaunes, noirs, à avoir été relégués par les caprices de l'histoire dans ce cul-de-sac du continent nord-américain. Mais la géographie, bonne fée, a situé Panama sur le goulot d'étranglement qui relie les deux Amériques. C'est depuis que l'homme a coupé le cordon pour y creuser le canal que Panama proclame sa vocation universelle. Une avalanche de chiffres justifie une telle prétention. Plus de 800 000 cargos sont passés d'Atlantique en Pacifique, ou vice-versa, depuis l'inauguration de l'ouvrage, le 15 août 1914. On en a compté 13 800 l'an dernier une moyenne de 3




