Tokyo, de notre correspondante.
Plus personne à Tokyo ne peut désormais ignorer les différentes planques du Yamaguchi-gumi, le principal syndicat du crime japonais. Depuis le début de la semaine, dans la capitale mais aussi dans la région de Kobe où se trouve son siège, la police a déployé un dispositif exceptionnel pour surveiller nuit et jour l'ensemble des locaux de l'organisation. Les forces de l'ordre craignent une reprise de la guerre des gangs après le meurtre, fin août à Kobe, de Masaru Takumi, le numéro 2 de l'organisation. Pas moins de 2 000 policiers ont été mobilisés dans la capitale. Des cars de police et des policiers casqués, armés de boucliers et vêtus de gilets pare-balles, gardent l'entrée de quelque 200 immeubles connus comme étant des repaires de yakusas, les mafieux japonais.
«Il y a trois ans, cet immeuble a été mis en vente, mais le propriétaire ne trouvait pas d'acheteur», commente un commerçant d'une petite ruelle du quartier d'Ebisu cernée hier par des forces de l'ordre sur les dents. C'est le Nakano-Kai, la branche du Yamaguchi-gumi soupçonnée d'être à l'origine du meurtre de Masaru Takumi, qui l'a racheté. «Tout le monde le sait dans le quartier», ajoute-t-il. Du coup, personne ne veut y loger. Seulement deux familles occupent cet immeuble cossu de cinq étages.
«Couche toi!» En pénétrant dans le bar de l'hôtel Shin-Kobe Oriental ce 28 août après-midi pour retrouver un collègue dentiste, Osamu Kosaka a immédiatement reconnu Saizo Kishimoto, l'un des




